Oscar Tuazon : structures

Oscar Tuazon : structures

Plasticien américain de trente-huit ans travaillant entre Paris et les Etats-Unis, Oscar Tuazon élabore un langage artistique qui se situe à la frontière entre sculpture et architecture, espace intérieur et plein air. Ses créations se posent de cette manière en héritiers à la fois de l’art minimal (les déclinaisons du cube de Sol LeWitt ne sont pas loin) et du land art.

Installation de Tuazon à Art Basel 44, 2013

Kunsthalle de Berne, 2010

Il s’agit d’un art rigoureux, sévère, qui s’impose par sa lourdeur physique et visuelle. L’artiste préfère en effet parler de « structures » plutôt que de « sculptures », car ses formes sont issues d’un véritable travail d’ouvrier, d’artisan du bois, de la pierre et du métal, dans une relation corporelle et très intime avec les matériaux. C’est pourquoi Tuazon s’oppose à l’art conceptuel, littéraire, qui fait de l’idée sa seule matière, en prônant au contraire un retour au savoir-faire manuel, au craftsmanship ; l’executio prime ainsi sur l’inventio, dans une optique qui est également celle du constructivisme russe durant les premières décennies du XXe siècle tout comme d’artistes contemporains tels que Dewar & Gicquel. « Je ne pense pas, remarque-t-il, qu’il y ait beaucoup de place pour les idées dans une sculpture : c’est une chose physique. C’est pourquoi il est même absurde de parler de cela. » Le point central de l’œuvre et sa signification sont donc représentés par le processus qui mène à sa construction.

De plus, selon leur emplacement, ces productions acquièrent parfois un air industriel, en pouvant être perçues quasiment comme des structures d’un chantier, d’un bâtiment dont l’édification vient juste de débuter.

54e Biennale de Venise, 2011

Ces ossatures, ces squelettes, semblent par conséquent précaires, inachevés, destinés à l’accomplissement d’une mission qui en prévoit l’emploi. L’artiste lui-même revendique effectivement cette dimension, en affirmant vouloir « créer quelque chose qui peut être utilisé, qui n’a pas toutefois une utilité spécifique, qui ne produit pas une expérience spécifique, mais quelque chose qui peut être utilisé et, en étant utilisé, disparaître en tant qu’œuvre d’art. »

Telles que les créations minimalistes et du land art, les formes de Tuazon semblent finalement s’inscrire et s’intégrer au sein de l’espace – à l’intérieur d’un édifice ou à l’extérieur, en plein air –, qui en détermine les limites et le développement spatial. Or, selon lui « une œuvre d’art n’a pas besoin d’un espace, elle a besoin de créer un espace pour elle-même. Elle a besoin d’être seule : elle est un espace. »

(sources images : www.artobserved.com, www.contemporaryartdaily.com, www.presenhuber.com)